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L’acteur créateur

U

n créateur, disons par exemple un écrivain, va chercher en lui, au fond de lui, des histoires, des souvenirs, des sensations, des secrets, des douleurs, des ridicules, des impudeurs, des délicatesses, et tout cela, il le jette sur la page. Et que fait d’autre l’acteur, le véritable acteur ? Il se jette sur le plateau, lui, être humain chaotique, mystérieux, unique, il se met en forme, pour en faire du théâtre. L’auteur met en mots, l’acteur met en voix, en corps, sueurs, larmes, vibrations physiologiques. C’est aussi précis qu’écrire, aussi inventif. Je fais les deux, et je le sais, que c’est pareil.

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« L’ACTEUR CRÉATEUR N°20» LE VERS RACINIEN.
Stage AFDAS dirigé par Claude Degliame 
Du 2 décembre au 20 décembre 2019 / LoKal (Saint-Denis)

Si Phèdre nous intéresse encore aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’elle est une femme qui aime son beau-fils qui est vraiment beau, ce n’est pas parce qu’elle est une sorte de patronne richissime qui va insidieusement jouer de ses pouvoirs pour séduire un trop jeune homme, et faire porter le chapeau à sa secrétaire, ce n’est même pas parce qu’elle est un corps dévoré par un désir criminel, si elle nous intéresse c’est parce qu’elle parle en vers.
Tous les personnages raciniens - reprises mythologiques le plus souvent, donc pas raciniens du tout – nous intéressent parce que, pour nous faire partager le chaos de leurs passions, ils usent du comble de l’ordre dans la langue française : l’alexandrin. Le seul vers explicitement destiné à être proféré.

D’où un travail pointilleux sur sa musicalité, le respect des douze pieds, des brèves et des longues, des liaisons, même de celles qui à nos oreilles dissonent. Sentir que le vers et ses exigences ne sont pas un empêchement mais la matière même des passions.
Mais à une condition impérieuse. Pour que cette langue qui nous est devenue étrangère révèle ses secrets, il faut le « très présent » de chaque acteur, sa charge de vie, intensément et intensément contrôlée, son corps et âme d’ici et de maintenant. C’est à ce prix que le vers surgit du passé, résonne, sonne dans les corps des spectateurs avec une brutalité sensuelle, délicieuse.

La mise en ordre du chaos, qui est une des définitions du théâtre, se vit ici à son comble. Travailler le vers racinien c’est travailler ça : se plier à une langue pour en extraire les beautés. C’est bien faire du théâtre dans ce qu’il a de plus vivace, de plus dangereux, de plus actuel.

Nous travaillerons sur l’ensemble de l’œuvre, selon les désirs de chacun.

Claude Degliame

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